EuroWire , BRUXELLES : La Belgique a annoncé que ses dépenses de défense, de sécurité et de résilience représentent désormais 3,44 % de son produit intérieur brut (PIB), selon des calculs gouvernementaux actualisés intégrant l’ensemble des dépenses liées à la sécurité nationale. Ce nouveau chiffre inclut les dépenses militaires directes ainsi que celles consacrées à la cybersécurité, à la lutte contre le terrorisme et aux infrastructures stratégiques. D’après ces mêmes calculs, les dépenses militaires directes de la Belgique s’élèvent à 2,01 % du PIB, ce qui place le pays au-dessus du seuil de référence de 2 % fixé par l’OTAN pour la défense, après des années d’écart avec l’objectif de l’Alliance.

Ce chiffre révisé intervient alors que la Belgique se prépare à une nouvelle phase d'examen des dépenses de l'OTAN, en amont du sommet de l'Alliance qui se tiendra à Ankara les 7 et 8 juillet. Les calculs du gouvernement belge attribuent 1,43 % supplémentaires du PIB aux dépenses liées à la résilience, portant le total combiné à 3,44 %. Le gouvernement belge comptabilise également 4 milliards d'euros supplémentaires par an pour les forces armées, reflétant l'accélération du rythme d'augmentation des crédits militaires adoptée depuis que le pays a décidé d'augmenter ses dépenses de défense.
Le cadre de l'OTAN a évolué depuis son précédent objectif de 2 %. Aux termes des engagements pris lors du sommet de La Haye de 2025, les Alliés doivent investir 5 % de leur PIB dans la défense et la sécurité d'ici 2035, dont au moins 3,5 % consacrés aux dépenses de défense essentielles et jusqu'à 1,5 % alloués à des domaines tels que la protection des infrastructures, la préparation civile, la défense des réseaux, l'innovation et les capacités industrielles. L'OTAN a également indiqué que tous les Alliés avaient atteint, voire dépassé, l'ancien seuil de 2 % en 2025.
La Belgique élargit son plafond de dépenses de sécurité pour dépasser le seuil de l'OTAN
Le dernier chiffre avancé par la Belgique est remarquable car il repose sur une approche comptable plus large, et non sur une mesure exclusivement militaire. Concrètement, le calcul intègre la cybersécurité, la lutte contre le terrorisme et certains éléments des infrastructures stratégiques dans les dépenses de sécurité, au même titre que les dépenses de défense conventionnelles. Cette distinction est importante car le chiffre de 3,44 % ne reflète pas uniquement les dépenses militaires de base, même s'il montre que la Belgique a dépassé le précédent seuil de référence de l'Alliance. Bruxelles abrite le siège de l'OTAN, tandis que le SHAPE , le commandement militaire de l'Alliance, est situé près de Mons.
Le ministère belge de la Défense avait déjà accéléré, en mars 2025, une hausse de 4 milliards d'euros des dépenses de défense afin d'atteindre plus tôt que prévu le seuil des 2 % de la PIB. Cette accélération marquait un changement par rapport au calendrier initial du gouvernement, qui prévoyait 2029. Depuis, le gouvernement du Premier ministre Bart De Wever a augmenté les dépenses liées à la défense tout en élargissant les catégories prises en compte dans le cadre de la sécurité nationale, aboutissant au chiffre actualisé de 3,44 % publié cette semaine.
Les règles de l'alliance mettent l'accent sur la résilience et les totaux de défense.
Ce calendrier est important car les dirigeants de l'OTAN doivent se réunir à Ankara en juillet, et l'investissement dans la défense figurera à nouveau parmi leurs principales priorités. Selon les communiqués officiels de l'Alliance, le sommet se tiendra les 7 et 8 juillet dans la capitale turque, les gouvernements alliés se préparant à présenter les progrès accomplis concernant les engagements pris l'an dernier. Pour la Belgique, ces chiffres actualisés permettent de mieux appréhender la part de son budget désormais consacrée aux capacités militaires, à la sécurité et à la résilience, alors que la définition de l'Alliance continue de s'élargir.
La nouvelle comptabilité belge place le pays avec des dépenses militaires de base légèrement supérieures à l'ancien seuil de 2 % fixé par l'OTAN et un montant combiné bien plus élevé une fois les éléments liés à la résilience inclus. Cette mise à jour souligne également comment les membres de l'Alliance intègrent de plus en plus la cyberdéfense, les infrastructures critiques et la préparation nationale aux côtés des budgets traditionnels des forces armées dans leur planification de la sécurité nationale. Pour la Belgique, ce recalcul marque une augmentation tangible des dépenses de défense à un moment où l'Alliance fait l'objet d'un examen plus rigoureux.
L'article « La Belgique dépasse le seuil des dépenses de l'OTAN à 3,44 % » est paru initialement sur British Messenger .
